In memoriam, Vanessa Noizet
Texte de Philippe Monart, vice-président de La Sirène, paru dans le bulletin Le Chant de la Sirène n° 81, 4ᵉ trimestre 2021.
Vanessa Noizet (22 mai 1986 – 21 avril 2021) Le destin brisé d’une historienne de l’art
Vanessa Noizet, disons par amitié Vanessa, encouragée par son professeur d’université Arnauld Pierre à aller sur les traces de l’énigmatique Anatole Jakovsky, nous vint un jour au Moulin Pican. Ce fut Louis Frère, avec la bienveillance qu’on lui connaissait, qui l’accueillit et mit sans réserves à sa disposition les archives locales. De la même façon, ses souvenirs personnels et sa confiance furent le gage de la réussite, reconnue par la mention « Très Bien », du mémoire de Master 1 soutenu en 2011 : Anatole Jakovsky (1907-1964), la trajectoire d’un critique d’art du vingtième siècle.
C’était une première étape suivie de l’exploration et de la transcription, pas toujours aisée, de la correspondance Chaissac–Jakovsky, objet cette fois du Master 2 : « Cher collègue », étude de la correspondance échangée entre Gaston Chaissac et Anatole Jakovsky (1948-1964). Mémoire soutenu en 2014, également couronné de la mention « Très Bien ».
Bien volontiers, j’avais apporté à Vanessa mon concours, assisté de Patrick Frère. Que de rencontres en Normandie ou de réunions de travail à Paris chez Gallimard, l’éditeur pressenti pour la publication ! Lors de ces multiples occasions, j’ai vu la passion et le sérieux de Vanessa pour mener à bien ses travaux. Benoît Decron, qui dédie à Vanessa la prochaine exposition de Rodez Chaissac & CoBrA et son catalogue, avec l’éloge ci-après, écrit dans ce dernier sa volonté d’une publication prochaine.
Enfin, un mot plus personnel pour dire le choc subi et l’émotion ressentie lorsque j’ai appris la mort de Vanessa. Au nom de notre association et en mon nom, j’ai pu joindre par téléphone et par courriel la maman de Vanessa et lui faire part de nos sentiments émus et affectueux. Dans un message récent, elle nous répond, entre autres, ce qui suit, qu’avec son accord je reproduis : « Elle a lutté mais la maladie a été plus forte que son immense courage. Ma fille était et restera une très belle personne. » Comment ne pas s’associer à cette pensée ?
Philippe Monart, vice-président de La Sirène, le 24 octobre 2021
NB : Un exemplaire de chaque mémoire est au Moulin Pican.