Gaston Chaissac / Anatole Jakovsky : duo, duel, trio
En 1952 paraît Gaston Chaissac l’homme orchestre, première monographie consacrée à l’artiste. Son auteur n’est autre qu’Anatole Jakovsky, critique d’art et collectionneur d’art naïf, en relation épistolaire avec Chaissac depuis quelques années. Les deux hommes ne s’étant jamais rencontrés, leurs rapports reposent essentiellement sur la correspondance échangée.
Le décalage est pourtant flagrant entre le personnage imaginé par Jakovsky en 1952 et l’autoportrait livré par Chaissac dans ses lettres. L’écriture manifeste en ce cas des imaginaires différents dont il convient de saisir les particularités à travers la confrontation avec d’autres correspondances de l’artiste.
Le duo Chaissac/Jakovsky gagne ainsi à être envisagé comme un trio, au sein duquel les rapports avec le peintre Jean Dubuffet fournissent un critérium qui permet d’apprécier la constitution d’une mythologie chaissaquienne à partir des années quarante.