Vanessa Noizet
Visuel du séminaire « Le Brut et le Naïf » : reproduction d’American Beauty (1942) de Morris Hirshfield, femme nue sur un fauteuil devant un rideau bleu à motifs
12 janvier 2013

Dans l’orbite de Gaston Chaissac, l’homme orchestre (1952) : Gaston Chaissac et Anatole Jakovsky au regard de l’art brut et de l’art naïf

Cadre
Séminaire du CrAB (collectif de réflexion autour de l’Art Brut) : « Le Brut et le Naïf »
Lieu
INHA, salle Walter Benjamin, 2 rue Vivienne
Ville
Paris

Gaston Chaissac, l’homme orchestre, plaquette due au critique d’art Anatole Jakovsky et publiée en 1952, est la première monographie consacrée au peintre éponyme. En cinq chapitres, l’artiste est assimilé à une certaine histoire de la modernité et se trouve parallèlement rejeté tant des rangs de l’art brut que de l’art naïf.

Dans un premier temps, cela n’a rien d’étonnant. L’écrit d’Anatole Jakovsky s’inscrit au sein d’un contexte artistique particulier qui se cristallise autour du malentendu réel existant entre Dubuffet et Jakovsky quant à l’émergence de la notion d’« art brut » dans les années quarante. Ensuite, Gaston Chaissac n’apparaît pas comme un tenant de l’art naïf : sa singularité se mesure alors à son indépendance artistique. Aussi, l’argument de l’autodidactisme n’est pas pris en considération pour différencier le peintre vendéen des créateurs défendus ardemment par Jakovsky dès les années quarante.

À la lumière de quelques écrits d’Anatole Jakovsky, échelonnés entre 1949 et 1981, nous tenterons dès lors d’éclairer le texte de 1952. Nous nous intéresserons notamment à La Peinture naïve, première monographie entièrement consacrée à cet art ; ensuite au Lexique des peintres naïfs du monde entier, qui tente une fusion des notions d’art brut et d’art naïf ; à Naive Painting, qui définit ce qu’est un artiste naïf ; enfin à l’introduction du catalogue du Musée international d’art naïf Anatole Jakovsky, qui entérine définitivement la position de Jakovsky à l’égard de l’art naïf contre celle de Dubuffet et de l’art brut.

Le « cas Chaissac » (Dieudonné, 2008), s’il est effectivement l’illustration d’un dialogue à trois interlocuteurs, peut également constituer un point de départ pour aborder l’évolution du discours critique élaboré par Anatole Jakovsky vis-à-vis de la peinture naïve.