Les territoires de l’Art Brut
- Cadre
- Colloque « Actualité et enjeux critiques de l’Art Brut »
- Lieu
- Aula de l’IDHEAP
- Ville
- Lausanne, Suisse
- Organisation
- Collection de l’Art Brut et Faculté des lettres (UNIL)
Le champ lexical propre à la géographie est particulièrement présent dans les récentes publications consacrées à l’Art Brut. Distingué comme un espace pourvu de frontières, un « territoire (…) plus ou moins étanche ou poreux » (Azimi, 2014), l’Art Brut, sa définition et ses caractérisations actuelles, continuent de faire problème.
La dimension critique, voire politique, la « déterritorialisation » (Thévoz, 2016), de l’art brut a longtemps été soulignée dans les discours qui lui ont été consacrés. L’opposition de l’art brut à l’art culturel en a de fait constitué un des arguments pérennes. L’introduction, au sein de collections spécialisées, de nouvelles formes plastiques (photographies, installations ou performances) proches des œuvres dites culturelles, paraît a priori contredire ce présupposé théorique. De même, l’intérêt pour des réalisations produites internationalement indique la possibilité d’une reterritorialisation du champ, liée cette fois-ci aux problématiques géographiques contemporaines.
Si l’effet rhétorique lié à l’emploi de ce terme est indéniable, le « territoire » de l’art brut est aussi révélateur de l’audience des concepts introduits depuis quelques années dans le champ des sciences humaines. Passé l’effet de mode, il convient de vérifier la pertinence de cette notion dans le champ de l’art brut, également redondante dans les écrits consacrés à l’art contemporain (Chevrier, 2011 ; Westphal, 2016).