Vanessa Noizet
Affiche de la journée d’étude, reproduction d’un texte de Jean Dubuffet en gros caractères typographiques : « Il faut décaper la culture jusqu’à l’os »
2 avril 2017

Autour d’une Tête archaïque de 1947 : Gaston Chaissac en ses masques

Cadre
Journée d’étude autour de Jean Dubuffet (« Il faut décaper la culture jusqu’à l’os »)
Lieu
Université Rennes 2
Ville
Rennes, France

Chaissac le naïf, Chaissac le moderne, Chaissac le primitif… Tant d’épithètes ont été associées au nom de l’artiste français Gaston Chaissac qu’il est parfois « difficile de s’y retrouver ». Compagnon de route de Jean Dubuffet, avec qui il correspond dès mille neuf cent quarante-six, Chaissac n’a cessé, au travers de ses lettres, de commenter l’entreprise artistique et théorique de son contemporain, ce que n’ont pas manqué de relever ses exégètes. Qu’en est-il de l’œuvre plastique ? Autorise-t-il, au même titre que les écrits, à penser la démarche de Dubuffet, et partant celle de Chaissac en interaction avec l’œuvre de Jean Dubuffet ?

Daniel J. Sherman, dans son essai French Primitivism and the Ends of Empire, a récemment suggéré une problématisation originale et audacieuse de l’œuvre du Vendéen, une nouvelle fois lié à l’art brut. Centrée sur la notion de primitivisme, laquelle bénéficierait d’une vigueur nouvelle en France parallèlement à l’ébranlement de l’Empire colonial, son étude laisse pourtant de côté une des dimensions fondamentales du supposé primitivisme de Chaissac, éminemment ludique.

Cela transparaît pourtant dans de nombreuses œuvres réalisées par l’artiste dès 1947, à l’image d’une Tête archaïque, masque rustique et assemblage moderne, acquise par le critique d’art et collectionneur d’art naïf Anatole Jakovsky. Centrée sur l’étude de cet objet, cette communication propose d’envisager la pratique artistique de Gaston Chaissac conçue en réaction à celle de Jean Dubuffet (où l’on traitera également de rusticité, de Pablo Picasso et d’un art brut singulièrement interprété).